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Routage

 

Le chapitre précédent spécifiait que IP avait la charge de l'acheminement des datagrammes à la destination indiquée par l'adresse Internet, mais nous n'avons pas expliqué comment cela se passait, c'est ce que l'on appelle le SPMlt;<routageSPMgt;>. Bien que la plupart des détails dépendent des implémentations particulières, on peut cependant dégager certaines généralités.

Il est tout d'abord nécessaire de comprendre le modèle sur lequel repose IP. IP considère que tout système est attaché à un réseau local, nous admettrons qu'un système peut envoyer un datagramme à n'importe quel système de son propre réseau (dans le cas d'Ethernet il suffit d'envoyer le datagramme sur le cable aprés avoir trouvé l'adresse Ethernet).

Le problème du routage se pose lorsqu'il s'agit d'envoyer un datagramme sur un autre réseau, il est résolu par les passerelles (gateways). Une passerelle est un système qui connecte un réseau à un ou plusieurs autres réseaux, c'est souvent ordinateur ayant plusieurs interfaces réseau, nous avons, par exemple, une machine Unix avec deux interfaces Ethernet connectées aux réseaux 128.6.4 et 128.6.3, elle peut donc servir de passerelle entre ces deux réseaux. Son logiciel doit être configuré de manière à pouvoir transférer les datagrammes d'un réseau à l'autre, c'est à dire que si une machine du réseau 128.6.4 envoie un datagramme à la passerelle pour une machine du réseau 128.6.3, cette passerelle devra transférer le datagramme sur le réseau 128.6.3. Dans la plupart des cas on utilise des passerelles spécialisées pour des raisons de performance et de fiabilité.

Le routage IP est entièrement basé sur le numéro de réseau et sur l'adresse de destination. Chaque ordinateur a une table de correspondance entre numéros de réseaux et adresses des passerelles permettant de les atteindre. Notez bien que la passerelle n'a pas besoin d'être connectée directement au réseau à atteindre. Par exemple, à l'université de Rutgers notre accés à NSFnet passe par le John von Newman Supercomputer Center (JvNC), notre connexion au JvNC se fait par une ligne rapide connectée à une passerelle dont l'adresse est 128.6.3.12, les systèmes du réseau 128.6.3 ont 128.6.3.12 comme adresse de passerelle pour atteindre la plupart des réseaux extérieurs notre campus, mais les systèmes du réseau 128.6.4 ont 128.6.4.1 comme passerelle permettant d'atteindre ces mêmes réseaux extérieurs. 128.6.4.1 est la passerelle entre 128.6.4 et 128.6.3 c'est donc elle qui permet d'atteindre le JvNC à partir du réseau 128.6.4 via le réseau 128.6.3.

Un ordinateur qui veut émettre un datagramme commence par regarder si l'adresse de destination se trouve sur son propre réseau, si c'est le cas le datagramme est envoyé directement. Dans le cas contraire il s'attend à trouver l'adresse d'une passerelle, pour atteindre cet autre réseau, dans sa table de routage. Cette table peut être assez grosse, l'Internet, par exemple, est composé de plusieurs centaines de réseaux, on a donc développé plusieurs stratégies permettant de réduire la taille de cette table. Une de ces stratégies repose sur les SPMlt;<routes par défautSPMgt;> (default routes), il n'y a souvent qu'une seule passerelle permettant de sortir d'un réseau, on n'a donc pas besoin, dans ce cas, d'avoir une entrée pour tous les réseaux du monde, il suffit de définir cette passerelle comme la route par défaut pour atteindre les réseaux extérieurs. Quand on ne trouve pas de route spécifique pour un datagramme, celui-ci est envoyé à la passerelle par défaut. On peut aussi utiliser une passerelle par défaut quand il y a plusieurs passerelles sur un réseau. Une passerelle a la possibilité d'envoyer un message disant: SPMlt;<Je ne suis pas la meilleure passerelle-utilisez plutôt celle-ci.SPMgt;> (Ce message est envoyé via ICMP. Voir le RFC 792). Beaucoup de logiciels réseaux utilisent ces messages pour ajouter des entrées dans leurs tables de routage. Supposons qu'il y ait deux passerelles, 128.6.4.59 et 128.6.4.1, sur le réseau 128.6.4, 128.6.4.59 connecte plusieurs réseaux internes de l'université de Rutgers et 128.6.4.1 permet d'atteindre indirectement NSFnet. Si on positionne 128.6.4.59 comme passerelle par défaut, que se passe-t-il lorsqu'on veut envoyer un datagramme au MIT ? Le MIT est sur le réseau 18, comme il n'y a pas d'entrée pour le réseau 18, le datagramme est alors envoyé à la paserelle par défaut, 128.6.4.59, qui ne permet pas d'atteindre le MIT (via NSFnet) et qui va transmettre le datagramme à 128.6.4.1 tout en renvoyant une erreur: SPMlt;<Pour atteindre le réseau 18, passer par 128.6.4.1SPMgt;>. Ce message d'erreur permet de mettre à jour la table de routage pour le réseau 18, ainsi les prochains datagrammes destinés au MIT passeront directement par 128.6.4.1 (ce message est envoyé en utilisant le protocole ICMP, c'est un message de type SPMlt;<reroutage ICMPSPMgt;>).

De nombreux experts IP recommandent de ne pas surcharger les tables de routage des différents ordinateurs du réseau, mais d'utiliser les passerelles par défaut et de les laisser se communiquer les routes comme nous venons de l'indiquer. Les passerelles constituent leurs tables de routage en utilisant des protocoles de routage qui sont des techniques leur permettant de mettre à jour les informations utilisées pour atteindre les différents réseaux. Le RFC 1009 contient une description du routage et de la conception des passerelles bien que le fichier RIP.DOC soit une meilleure introduction sur ce sujet, il contient une description détaillée de la plupart des protocoles de routage.


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